22.04.2006
Archives de l'Holocauste, des millions de noms
Nouvelobs.com
BAD AROLSEN, Allemagne - Un nom, un lieu, mais parfois plus, comme l'homosexualité, des maladies héréditaires ou des expériences pseudo-médicales: des informations sur plus de 17,5 millions de victimes du nazisme sont recensées par le Service international de recherches (SIR). Des données souvent sensibles, susceptibles d'entraîner une violation de la vie privée si elles devaient être ouvertes au public.
Pour l'instant, les 30 millions de documents du SIR, basé à Bad Arolsen, ne peuvent pas être consultés par les historiens et le public. Mais cette restriction pourrait bientôt être levée sous la pression de chercheurs travaillant sur l'Holocauste et d'organisations juives. Les onze pays (Belgique, France, Allemagne, Grèce, Italie, Israël, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni et Etats-Unis) qui gèrent ces archives se réunissent au Luxembourg le 16 mai. Le gouvernement allemand s'est dit prêt cette semaine à travailler sur cette question.
Le SIR a été créé en 1943 à Londres et transféré en Allemagne en 1945. Son objectif, aider les proches des victimes à découvrir ce que les leurs étaient devenus, vivants ou morts. Plus de 50 millions de références ont été cataloguées et, dans la majeure partie des cas, numérisées pour former une immense base de données. Le tout devrait être informatisé d'ici fin 2007. Le SIR a géré environ 150.000 requêtes rien que l'année dernière. Il faut trois ans et demi en moyenne pour obtenir des informations.
Ce sont de loin les documents les plus complets sur les victimes du IIIe Reich, estime Udo Jost, responsable des archives du centre. Mais tout n'y figure pourtant pas. Certains camps de la mort, explique-t-il à l'Associated Press, ne s'embarrassaient pas de telles données. Dans d'autres cas, elles ont tout simplement été détruites à l'approche des troupes russes et alliées.
D'autres camps en revanche ne cessaient d'alimenter leurs fichiers. Celui de Mauthausen, en Autriche, recensait les décès des détenus, notant leurs noms et numéros, ainsi que leur date et lieu de naissance. "Il indique également comment ils sont morts", poursuit Udo Jost, en présentant une copie du "livre de la mort" du camp de 1942 à 1943. Ainsi, le 20 avril 1942, 300 prisonniers ont été exécutés en quelques heures. "C'était l'anniversaire d'Hitler. La direction du camp voulait lui faire un cadeau".
En plus de donner des informations aux proches de victimes, ces fichiers peuvent être utilisés pour les compensations liées au service du travail obligatoire (STO) ou aux camps de concentration. Mais ils comportent des données sensibles, notamment des informations sur des maladies héréditaires, des expériences pseudo-médicales ou encore des motifs d'incarcération, comme l'homosexualité.
Le SIR est tenu de protéger ces données, mais plusieurs pays et organisations, dont la France, sont favorables à leur ouverture au public. Ce qui ne les empêche pas de s'interroger sur le droit à la vie privée. Le Conseil central des Juifs en Allemagne est "plus que favorable à l'ouverture des archives", souligne son secrétaire général, Stephan Kramer. Mais "nous sommes soucieux que ces informations personnelles soient traitées avec précaution".
Les documents sont réglementés par les accords de Bonn de 1955, dont les statuts devront être modifiés pour parvenir à une telle ouverture. Paris "espère" que cette modification "sera adoptée à l'unanimité" le 16 mai, a précisé jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.
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29.03.2006
Le monde retrace le calvaire d'Ilan Halimi
Par Gérard Davet et Piotr Smolar / Le Monde - 21 mars 2006
Ils s'appellent Jérôme Ribeiro, dit "coup de tête", Samir Ait Abdelmalek, alias "Smiler", ou "agent Murphy", comme dans le film Matrix, Fabrice Polygone, Yahia Kaba et Jean-Christophe G., le seul mineur du groupe, surnommé "Zigo". Ils ont entre 17 et 27 ans. Geôliers d'occasion, recrutés par Youssouf Fofana, 25 ans, – "le boss" – au hasard des cités de Bagneux. "Youssouf Fofana fait peur, très peur, a dit Jérôme Ribeiro aux policiers, on sait tous dans la cité qu'il ne faut pas l'enculer, sinon c'est chaud pour nous." Un "grand" de la cité, ancien taulard qui les recrute à la mi-janvier pour quelques milliers d'euros. "Il m'a demandé si je voulais me faire beaucoup d'argent, j'ai répondu oui, a expliqué Jérôme Ribeiro. Il m'a indiqué qu'il suffirait de garder trois jours un homme." Cet homme, c'est Ilan Halimi ; sa détention durera en réalité trois semaines, du 21 janvier au 13 février, jour où le jeune homme a été retrouvé à l'agonie. L'autopsie a conclu à un décès "consécutif à des brûlures étendues associées à des plaies cervicales par arme blanche". Elle a également révélé la présence de multiples ecchymoses et éraflures.
"TRACES DE BRÛLURES"
La première semaine de séquestration se passe dans un appartement prêté par le concierge. Youssouf Fofana a installé le décor : des draps "de couleurs à motifs orange, pour masquer les murs". Menotté, habillé d'un peignoir acheté chez Auchan, nourri de protéines liquides à l'aide d'une paille, ses geôliers autorisent Ilan Halimi à fumer un joint, entre deux gifles. Pour entrer dans l'appartement, un code : deux coups puis un autre, frappés sur la porte. Puis Ilan Halimi est transporté dans une salle de la chaufferie, sur les épaules du "boss". Son sort ne varie guère. "Il pissait dans une bouteille et faisait caca dans un sac en plastique", a indiqué un geôlier, Yahia Kaba.
Les violences sont régulières. "Dès le premier jour, j'ai pu constater que l'otage présentait des traces de brûlures par mégots au niveau des côtes et du dos", a affirmé Cédric Birot Saint-Yves, autre geôlier. Pour Jean-Christophe G., les coups auraient débuté après un premier échec de remise de rançon. Selon lui, Ilan Halimi "a commencé à réclamer souvent des cigarettes. Tous les quatre, Nabil, Yahia, Jérôme et moi, nous lui avons mis des tartes quand il gémissait pour avoir des cigarettes. (…) Il m'est arrivé aussi de lui mettre de petits coups de balai sur les jambes, cuisses ou mollets." Mais les épisodes les plus signifiants ont eu lieu avant de prendre des photos destinées à effrayer la famille de la victime : simulacre de sodomie avec un manche à balai, coup de cutter à la face infligé par Samir Ait Abdelmalek.
A la fin de la détention, les rotations sont de plus en plus laborieuses chez les geôliers. Certains se cherchent des excuses pour raccourcir leur tour de garde. L'impatience règne. Une réunion de crise est organisée dans le local, deux jours avant la mort d'Ilan Halimi . "La conversation s'est tenue devant l'otage, a raconté Cédric Birot Saint-Yves. Le boss nous a réunis afin de savoir qui voulait ou ne voulait pas continuer. (…) Nous craignions la présence de la police dans le secteur et nous pensions que nous n'aurions pas d'argent." Nabil Moustafa confirme cet épisode : "On a dit qu'on en avait assez. Le boss a réfléchi et il a décidé qu'il n'y avait plus que ce soir-là, que l'autre devait dégager." Mais le calvaire d'Ilan Halimi n'est pas fini. Youssouf Fofana aurait continué à entretenir l'espoir d'une rançon. "Il voulait obtenir de l'otage le numéro d'un membre de sa famille qui n'aurait pas encore été contacté", a affirmé Fabrice Polygone, qui dit être sorti afin de faire le guet. Les autres auraient alors infligé des violences à Ilan Halimi. A son retour, il l'aurait trouvé "dos contre le mur, jambes un peu repliées vers le torse. Il était en peignoir. J'ai vu nettement des traces d'éraflures ou de frottement sur le côté gauche de son torse, un peu partout, vers les côtes, le cou, la poitrine. Ça ne saignait pas." Le chef de la bande aurait encore donné des gifles à l'otage ; il portait "des gants avec tissu sur le dos de la main et un simili-cuir sur le plat", précise Fabrice Polygone. Il est minuit passé, ce lundi 13 février. Il faut préparer Halimi avant sa remise en liberté, pendant que Youssouf Fofana va chercher une voiture. "Lorsque j'ai soulevé sa couverture, j'ai vu des taches de sang sur son pyjama avec des trous, au niveau des jambes et du ventre, a détaillé Nabil Moustafa. Quand on l'a déshabillé, j'ai vu des plaques rouges sur son ventre (…), ça ressemblait un peu à des brûlures." Avant de le remettre à leur chef, les geôliers doivent nettoyer toute trace compromettante sur leur otage. "Nabil, Zigo et moi, on devait le laver avec de l'eau, du gel douche qui se trouvait sur place et des gants de toilette, a expliqué Fabrice Polygone. Je lui ai coupé les cheveux. Zigo et Nabil ont trouvé que ce n'était pas assez court et ils ont essayé de le lui raser les cheveux avec un rasoir mécanique à deux lames, noir ou bleu." Puis Ilan Halimi est séché et enveloppé dans un drap violet, que Jean-Christophe G. avait acheté au supermarché du coin.
"DROIT DANS LES YEUX"
Plus tard dans la nuit, Youssouf Fofana arrive. "Une fois dans le local, Youssouf nous a dit qu'il allait partir avec l'otage", a déclaré Fabrice Polygone. Les geôliers l'aident à conduire Ilan Halimi jusqu'à une voiture, le hissent à l'intérieur. Après le départ du chef, ils nettoient les lieux. "J'ai jeté des sacs de courses, des bouteilles, des sachets de biscuits, des croissants", s'est souvenu Cédric Birot Saint-Yves.
Pourquoi Ilan Halimi n'a-t-il pas été relâché ? Samir Ait Abdelmalek a dit qu'il avait croisé Youssouf Fofana au lendemain du départ d'Ilan Halimi de la cave. En tête-à-tête, le chef du gang lui aurait raconté qu'il avait déposé l'otage, la veille, dans les Yvelines, à bord d'une voiture volée, puis serait revenu auprès de lui. "A ce moment, Ilan avait réussi à enlever son bandage des yeux, a expliqué Samir Ait Abdelmalek. Il avait donc vu Ilan le regarder droit dans les yeux et du coup Youssouf avec un couteau lui a mis un coup dans la gorge vers la carotide puis un coup de l'autre côté de la gorge. Ensuite il a essayé de lui couper le bas de la nuque. Puis il lui a mis un coup de couteau dans le flanc. Il avait sûrement dû revenir avec un bidon d'essence car il m'a dit qu'il avait utilisé un bidon pour asperger Ilan avec ce combustible et l'a incendié sur place." Interrogé le 23 février à Abidjan, Youssouf Fofana a nié toute responsabilité. Il a affirmé qu'il a conduit son otage derrière le supermarché Cora de Bagneux, pour le confier à un dénommé Marc, dit "Crim" ou "Craps", et à un autre homme, qui l'ont enfermé dans le coffre de leur voiture. Le lendemain seulement, Fofana a dit avoir appris que "Crim et son copain s'étaient rendus à Sainte-Geneviève-des Bois, qu'ils avaient déposé le corps dans un petit bois et qu'ils avaient versé de l'acide sur l'ensemble du corps, qu'ils y avaient mis le feu et qu'une boule de feu s'était formée".
Gérard Davet et Piotr Smolar
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Ouverture d'une enquête sur une chanson antisémite
http://fr.news.yahoo.com
PARIS (AP) - Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale à la suite d'une plainte après la diffusion sur Internet d'une chanson antisémite, a-t-on appris de sources judiciaires.
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a déposé la semaine dernière une plainte simple après avoir été alerté de la diffusion sur le net d'un rap intitulé "J'aime pas les Juifs", a indiqué mardi à l'Associated Press Samy Ghozlan, président de cette association.
Une voix jeune à l'accent français, sur un rythme et un phrasé rap, promet à un "sale juif" un "coup de canif dans la gueule", aligne les allusions à Hitler, aux fours crématoires et parle de la revanche des Arabes sur les Israéliens. L'auteur du texte assure faire partie des "partisans d'Arafat" avant de vouloir cramer "Israël au cocktail Molotov".
Provocation d'un groupe d'extrême droite, texte d'un groupe de rap? Les enquêteurs devront déterminer qui est à l'origine de ce texte et ses interprètes. En 2005, une rumeur avait attribué la paternité d'un texte antisémite à un groupe de rap lyonnais. Ce dernier a porté plainte.
11:50 Publié dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
20.03.2006
Discriminations
NOUVELOBS.COM
A l'initiative du couple d'historiens Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, une "semaine de lutte contre les discriminations et pour la rencontre des différences" est organisée à Paris.
" Comment vivre ensemble avec nos différences et faire reculer les discriminations ethniques, raciales, religieuses, sexistes, anti-homosexuelles et autres"? Cette question, pour le moins d'actualité, sera au cœur d'une semaine de rencontres, débats et manifestations culturelles qui démarre dimanche 19 mars à Paris.
Intitulée "Le Pari(s) du vivre-ensemble", cette "semaine de lutte contre les discriminations et pour la rencontre des différences" part de l'initiative d'un couple, Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, tous deux historiens du judaïsme à l'Ecole pratique des Hautes études de Paris.
Il y a près de deux ans, en mai 2004, ils avaient organisé à l'université de la Sorbonne et l'Institut du monde arabe une série de rencontres intitulées "Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire".
"Bien avant que nos banlieues" brûlent
"Un public de plus de 1.500 personnes s'y précipitait dès le matin", écrivent-ils dans un communiqué. "Le dialogue avait eu lieu. Le relais allait être pris par d'autres, ce qui en fait était le but". Sous le même titre, un livre, paru aux éditions La Découverte en mars 2005, allait naître.
Mais le couple s'était aussi lancé -"et bien avant que nos banlieues connaissent l'explosion de novembre dernier", soulignent-ils- dans "la préparation d'un événement plus audacieux encore: le Pari(s) du vivre-ensemble".
Pour cette semaine, dont le thème trouve un fort écho dans l'actualité des derniers mois, Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa ont mobilisé plusieurs soutiens, la ville de Paris, le ministère de l'Emploi, l'UNESCO, la RATP, l'Institut du monde arabe ou encore le Musée d'Art et d'histoire du Judaïsme, entre autres, et des partenaires dans les médias, dont Le Point, Libération, France-Culture, Arte, Beur FM ou Radio Orient.
Formation des jeunes et des enseignants
Leur semaine, qui encadre la Journée internationale de lutte contre les discriminations, le 21 mars, proposera un "débat citoyen", avec des tables rondes et des rencontres au Sénat, à la Sorbonne, à l'UNESCO, à l'Hôtel de Ville... Elle sera aussi émaillée de manifestations culturelles, avec des concerts, un concours et des expositions photo.
L'accent sera mis également sur "la formation des jeunes et des enseignants", avec une expérience pédagogique au lycée Voltaire dans le 11e arrondissement de Paris. Sur le thème "comment former une mémoire nationale commune et partagée par tous", une table ronde et des échanges entre élèves et professeurs seront organisés autour d'extraits des films "Le Chagrin et la Pitié" et "La Bataille d'Alger".
Un concours littéraire sur l'Autre sera aussi organisé dans les lycées parisiens et un tournoi de foot mixte aura lieu le 25 mars au stade des Fillettes dans le 18e arrondissement. Dans la semaine, l'Institut du monde arabe accueillera des ateliers.
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17.03.2006
L’impression d’un éternel recommencement ou Le grand désarroi des Juifs de France
NOUVELS OBS.COM
« Je ne laisse plus mon fils de 11 ans se promener seul. » D’autres camouflent leur étoile de David et ne se « sapent » plus, de peur d’être pris pour des « riches »
«L'histoire d'Ilan, c'est celle d'un gosse de 23 ans qui sourit à une fille, qui croit partir vers un avenir radieux et qui se retrouve en enfer », dit Schlomo Malka, journaliste à RCJ (Radio-Communauté juive). Un jeune feuj qui flirte avec une petite beur et qui meurt : tragique parabole qui glace ceux qui croient que tout est encore possible et qui conforte ceux qui depuis longtemps déjà vivent dans la peur. Comment réagissent les juifs de France après l'assassinat d'Ilan Halimi ? Difficile de généraliser. Chez les représentants des juifs « communautaires », c'est le désarroi qui prédomine. « Nous pensions que nous étions moins exposés, explique Marc Knobel, chercheur au Crif. Les actes antisémites ont diminué de moitié par rapport à l'année dernière,même s'ils restent six fois plus élevés qu'il y a dix ans. Nous avions retrouvé confiance. Et puis ce drame atroce. » Impression d'un éternel recommencement. Les pouvoirs publics, accusés d'inertie au début des années 2000, ne sont plus en cause, cette fois. « Le mal a atteint les profondeurs, soupire Roger Cukierman, président du Crif. On n'a pas fini de payer les conséquences de l'affaire Dieudonné. Elle a enflammé la communauté afro-antillaise, qui jusqu'à présent n'avait pas été contaminée par l'antisémitisme. » Roger Cukierman a créé récemment avec le Cran (Conseil représentatif des Associations noires de France.) une Amitié judéo-noire. L'initiative ne convainc pas ceux qui lui reprochent sa « mollesse ». L'affaire Ilan n'a rien arrangé. « Le décalage entre la base et les dirigeants du Crif a éclaté au grand jour, assure Albert Myara, président de la communauté juive du Kremlin-Bicêtre. C'est la base qui a organisé les premières manifestations. Le Crif, comme toujours, est allé dans le sens de l'apaisement. » Et cela à l'opposé d'une partie de la communauté, qui raconte sa peur grandissante. « Je ne laisse plus mon fils de 11 ans se promener seul », dit Gilles Souissa, qui habite Sarcelles. « Ma femme ne sort plus », assure le rabbin Michel Bousikla, qui demeure dans le 19e à Paris, où vit une importante communauté juive. D'autres camouflent leur étoile de David, vissent une casquette sur leur kippa, ne se « sapent » plus, de peur d'être pris pour des « riches », donc des juifs. La seule issue, disent-ils ? Le départ pour Israël, dont les dirigeants sont d'ailleurs restés discrets depuis la mort d'Ilan. En juillet 2004, Ariel Sharon avait incité les juifs de France à émigrer pour « fuir un antisémitisme déchaîné ». Faute de faire l'alya - le départ pour Israël (en augmentation de 27% en 2005 par rapport à 2004) -, un certain nombre de juifs ont quitté les banlieues réputées difficiles. C'est sensible à Sarcelles, déserté par les familles qui en ont les moyens. Parfois, elles se regroupent ailleurs, dans des quartiers jugés tranquilles. Chez beaucoup d'entre elles, la tentation du repli est visible. Comme la montée de l'exaspération contre les beurs. « Mes parents n'ont pas eu la vie facile quand ils ont débarqué d'Afrique du Nord, dit Steve, 20 ans. Ils se sont faits discrets. Ils ont travaillé. Les autres n'ont qu'à en faire autant. » Certains vont plus loin. On parle d'autodéfense, on s'inscrit dans des cours de krav maga, un art martial israélien. On promet d'organiser des rondes, voire des milices. Paroles en l'air, jusqu'à présent. Ces milices n'ont jamais vu le jour. Le politologue Jean-Yves Camus pressent pourtant un risque de « radicalisation ». En témoignent certains sites très à droite (Migdal.org ou le site de la Ligue de Défense juive, notamment), qui trouvent un écho chez les jeunes ou les moins jeunes. Dans la manifestation de dimanche, des mômes s'agglutinaient derrière des drapeaux jaunes frappés d'un poing et de l'étoile de David, scandant « Fofana salaud, les juifs auront ta peau ! », trouvant dans la Ligue de Défense juive, apparue en France au début des années 2000, un point de repère : discours viril et pratique musclée pour jeunesse abandonnée. « La nature a horreur du vide, et les dirigeants de la communauté juive ne représentent pratiquement rien chez les jeunes qui subissent l'antisémitisme quotidien, affirme S., porte-parole de la LDJ. Ils ont laissé passer trop de choses : chaque acte antisémite doit provoquer une réponse politique ou physique. Si l'on avait fait peur à temps à ceux qui entretiennent la haine, leurs émules y réfléchiraient à deux fois. » Revendiquant 200 militants impliqués ou soupçonnés de l'être dans plusieurs incidents violents, la LDJ a toujours été tenue à l'écart par la communauté juive officielle. Aujourd'hui encore, malgré l'émoi suscité par la mort d'Ilan, elle reste toujours aussi minoritaire.
09:20 Publié dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
13.03.2006
Etre juif...
VOX-POPULI.NET par Jean Christophe Grellety
Etre juif - ou ne pas l’être - être japonais, papou, inca, musulman, catholique, bouddhiste, extra-terrestre...
To be, or not to be, that is a question ?
Avec l’assassinat d’Ilan Halimi, la « question juive » (si tant est qu’elle existe) est posée avec acuité à tout être humain, qu’il soit ou non de confession juive.
Car les kidnappeurs d’Ilan pensaient que, grâce à son rapt, ils obtiendraient le jackpot, en raison d’une formule magique : "Tous les juifs sont riches. Or, la famille d’Ilan est juive. Donc, nous serons riches à notre tour."
Le syllogisme-sophisme s’est fracassé contre la réalité, mais Ilan en est mort...
De Terre et de sang
Chacun de nous est ce qu’il est, de naissance - ce n’est pas un choix...
Pour les Juifs, la « judéïté » est nécessairement donnée par la mère, qui transmet un « sang », une identité culturelle étrangement biologisée.
Et être juif, ce n’est pas nécessairement être israélite...
Est-ce une identité complexe par rapport à des identités simples (et parfois simplistes) ? Cette étrange confusion des genres, concernant un peuple d’errance, a la vie, et la dent, dure. De peuple(s), les Juifs ont acquis une nation, et une nationalité, à partir de 1947 [ 29 novembre, résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations Unies ].
Faut-il insister pour que nous nous souvenions que les Juifs qui l’ont voulu ont pu retrouver cette terre mythique à la suite de la Seconde Guerre Mondiale, des crimes nazis actés par les témoignages, les preuves, les ossements...
Mais il y a tant de Juifs dans le monde qui ne sont pas israëliens, qui ne veulent pas accomplir le retour à la terre des ancêtres, qui ne veulent pas que leur identité se résume à celle de "descendants des victimes de la Shoah", car ils sont cela et plus encore...
En somme, qui sont les Juifs ?
Naître ou ne pas être
Est-on français de sang ? Le code de la nationalité prévoit que l’identité française est conditionnée à la transmission par les parents ou par le fait de naître sur le sol français. Etre français est certes un fait de nationalité, mais il ne s’y résume pas, comme le prouvent les débats passionnés et parfois délirants autour de cette identité. Etre français, c’est être l’un des membres d’un peuple de l’Ouest de l’Europe, un continent occupé par des individus de couleur blanche, c’est aussi parler une langue (dont le rayonnement s’est constitué dans l’effacement ou la destruction de langues "régionales"...).
Il y a donc une part biologisée, mais la République a été fondée dans une logique culturelle pour que la "fraternité" puisse dépasser les particularismes. L’acquisition de la judéïté minimale est un héritage biologique, et il en va de même dans l’ensemble des autres peuples. Mais à peine est-il né que l’enfant juif est l’objet d’une polémique dans laquelle il vit, écartelé entre ceux qui conditionnent son identité aux pratiques et aux devoirs religieux et les autres, appelés « laïcs », qui la conditionnent à la mémoire de son Histoire, à la connaissance de la langue hébraïque et à la terre d’Israël... sans parler de la multitude, qui a mille idées sur les conditions et les limites de la judéïté. Être juif, ce n’est donc pas de tout repos : cette identité revient à porter le fardeau, dès la naissance, d’un étrange héritage.
Certes, les Français ne sont pas semblables en tout aux Allemands ni aux Anglais - et réciproquement. Ils ne sont d’ailleurs même pas semblables au sein de leur propre communauté : l’identité est un chapelet de différences, qui se décline à l’infini à l’intérieur même de « La nation ».
Or, quand on naît juif,et même si on ne prête aucune importance aux affirmations de "la religion", même si l’on n’a jamais mis les pieds en Israël, on reste juif, en tant qu’héritier involontaire de cette histoire...
Pourtant, en Israël, à Tel-Aviv, il y a des juifs laïques et homosexuels (exécrés par les « religieux », qui vivent autant que possible sans nourrir cet héritage ; comme il existe des arabo-musulmans qui soutiennent les caricatures de Mahomet, des arabes qui sont toujours arabes après avoir renié l’Islam (l’apostasie, souvent punie de mort, des musulmanes homosexuelles qui seraient immédiatement décapitées par les extrémistes bien connus).
Et il y a même des juifs qui sont suffisamment modestes pour ne pas pouvoir payer la rançon de leur fils, même en l’entendant gémir sous la torture... Youssouf Fofana ne le savait pas.
Judéité dans les tempêtes de l’histoire
Mais que nous dit « la raison » sur cette identité ? Son message est-il pertinent lorsqu’il s’agit de passions et d’émotions ?
Il faut entendre et répondre à cette antienne qui veut que les Juifs ne soient pas comme les autres - et lui dire : en un sens, oui, c’est vrai...
Nous sommes tous différents - par conséquent uniques.
Néanmoins, les Juifs, ou plutôt les Hébreux pour utiliser le terme historique, ne constituent pas un peuple comme les autres, parce que des circonstances historiques exceptionnelles et rarissimes les ont conduit à devenir le plus grand peuple nomade du monde, à se « disperser », avec la fameuse diaspora, après les déportations de Nabuchodonosor II, les exodes commerciaux qui ont suivi le règne d’Alexandre le Grand avec la chute, aussi, symbolique mais décisive, de la forteresse de Massada en 74 après notre ère avant de terminer cette ère de résistance militaire par la défaite de Bar Kocheba en 135. Les Juifs ne sont pas un peuple comme les autres, parce qu’après la destruction romaine de la Judée, ce peuple aurait pu disparaître et se déliter. Or, il a survécu pendant deux millénaires, jusqu’à retrouver ce sol de la Palestine pour y fonder l’Etat d’Israël. Une telle résistance face à un destin contraire, un tel attachement à une terre et à une mémoire (et ici, nous ne qualifions pas le contenu et la valeur de cette mémoire), une telle organisation neuro-ethologique autour d’un livre unique, censé condenser toute l’histoire et toute la science possible, devrait susciter, si ce n’est l’admiration, au moins l’étude raisonnée de ceux qui sont attachés à la durée...
Il ne s’agit pas de valider les contenus des croyances juives dans « la Bible », mais d’étudier les moyens de la réussite rabbinique dans l’établissement et la consolidation d’une identité et d’une mémoire juives, fidèles à des racines si éloignées et en quelque sorte « abstraites ». Car ce sont ces croyances, relayées à travers toute l’organisation sociale des communautés juives de la diaspora, qui ont permis cette durée, et ce succès final dans le retour à une terre mythique. Moment paradoxal : les Juifs n’avaient vécu à travers les siècles que pour ce retour, mais à travers les siècles, ils étaient devenus français, allemands, italiens, polonais, américains, etc...
Il n’est pas rare d’entendre des Juifs français dire, comme et après le capitaine Alfred Dreyfus, qu’ils sont d’abord français, avant d’être juifs...
Pour les peuples sédentaires, souvent paysans, c’est-à-dire rustres, et pas aidés pour un sou par l’Eglise qui les enfonçait dans les superstitions, les croyances délirantes, les Juifs sont énigmatiques, et surtout mal connus.
Qui est riche dans ce bas monde ?
« Petit » peuple par la quantité de ses membres, il étonne par sa vitalité, et le succès des uns est attribué aux autres pour aboutir à ce principe délirant, qui a joué un rôle central dans le drame d’Ilan : tous les Juifs sont riches. Il est désormais avéré, par ce drame, qu’il faut absolument répondre à cette antienne. Oui ou non, tous les Juifs sont-ils riches ? La réponse est évidente, apodictique, incontestable : non ! Le magazine international Forbes établit la liste des grandes fortunes internationales. Chacun sait que l’homme-le-plus-riche est l’américain et chrétien Bill Gates, suivi d’un autre américain, Warren Buffett, l’indien Lakshmi Mittal...
Mais il y a être riches et riches : ceux qui sont en tête du classement Forbes ne sont, nécessairement, que les premiers - et parmi les suivants ? L’étude de la liste des personnalités les plus riches permet de constater que le capitalisme est désormais international, comme un célèbre juif allemand l’a dit et expliqué : Karl Marx.
Cependant, il est vrai que beaucoup de juifs travaillent dans des activités commerciales ou de services. En tant que nomades, ils n’étaient pas des propriétaires terriens nés (il y a en Israël). Par contre, provenant de pays lointains, ayant des relations avec des cousins ou d’autres Juifs à travers le monde, ils pouvaient et peuvent plus facilement commercer, c’est-à-dire faire circuler les marchandises - puisqu’ils ont été les premiers à circuler...
La monnaie est par essence également mobile. Les juifs connaissent bien les mécanismes de sa génèse et de la valorisation monétaire, Karl Marx en est la preuve. Mais, aujourd’hui, ce sont l’ensemble des peuples et des individus qui y sont soumis et qui en même temps profitent de cette puissance. Par exemple, des Arabes sont, grâce à la manne pétrolière, richissimes ; mais pas seulement par la manne pétrolière, par toutes les activités commerciales qu’ils affectionnent, et il suffit pour le savoir d’aller visiter le Liban...
Sémites au pluriel
Peuple spécial, parce que remarquable, et remarqué, avec une diversité interne également remarquable (les Sépharades, les Askhénazes, les Juifs noirs d’Ethiopie, les Juifs d’Inde, etc...), peuple spécial parce que présent sur l’ensemble des continents, suite à la diaspora, il, et ils, sont l’objet de sentiments négatifs que la langue française qualifie désormais abusivement d’antisémites. Car ils sont aussi l’objet de tels sentiments (mépris, haine, volonté de nuire) de la part de Sémites, comme avec Ben Laden, Al Zarkaoui, des membres du Hamas...
Si l’on part du principe que des Sémites ne peuvent être antisémites, les Juifs sont donc l’objet d’un antijudaïsme.
Il faudrait donc cesser de parler à tort et à travers d’antisémitisme dans des affaires où des Juifs sont visés, mais d’antijudaïsme. Cette opposition, nourrie par l’un ou par les sentiments déjà évoquée, vise donc un "genre" : les Juifs. Or, comme nous l’avons démontré, les Juifs sont, comme les autres peuples et peut-être plus encore, divers : bruns ou blonds, religieux ou laïcs, etc...
Cette haine d’un genre est, comme toutes les autres, par essence, débile - au sens psychophilosophique. De même, le racisme hitlérien qui prétendait rencontrer dans le "capitalisme international" les Juifs et rien que les Juifs relevait d’une dénégation de la réalité internationale du capitalisme, dans laquelle aucune nationalité n’a une prépondérance particulière. Lui qui accusait les Juifs de vouloir prendre le contrôle du monde (en citant des extraits du "Protocole des Sages de Sion", un vrai-faux document rédigé par un Russe antijuif) a préparé une machine de guerre pour réaliser ce fantasme, ce projet qu’il attribuait à d’autres : devenir le maître du monde.
Faut-il donc penser que des Allemands auraient écrit un "Protocole des Sages de..." Nuremberg ou de Berlin ? Si les Juifs ne peuvent et ne sont tous détestables, sont-ils tous aimables, automatiquement et nécessairement ? Pour ne pas être antisémites, en fait antijuifs, faut-il être pour autant philojuifs ? Ce serait reconduire, dans le sens inverse, le sophisme de la confusion des individus avec un genre - et chacun a le droit de ne pas apprécier tel ou tel homme, telle ou telle femme, juive, dans leur manière d’être homme, dans leur "humanité", mais non dans leur judéïté... Car il y a des Juifs peu admirables et sympathiques, en tant que personnes et de par leur personnalité : celles et ceux qui, comme certains Arabes, certains Européens, etc..., fonctionnent dans la logique communautariste, et tissent leurs relations humaines, personnelles et professionnelles, en fonction de l’identité de leurs interlocuteurs. Mais si certains en viennent à éprouver des sentiments troubles, parce que négatifs, à l’égard des Juifs en général, en raison de cette perception d’une logique communautariste parfois à l’oeuvre dans certains quartiers ou chez certains individus éminents, il ne faut jamais oublier que cette logique a été, parfois, favorisée par celles et ceux qui stigmatisaient les Juifs, comme avec le cas célèbre de ces Vénitiens qui ont inventé pour eux les premiers "ghettos" ; parce que cette solidarité entre Juifs a, parfois, été la condition sine qua non de leur survie ; parce que, dans ce narcissisme projeté dans une Histoire passée et légendaire, les Juifs ont trouvé une compensation aux difficultés rencontrées dans leur vie quotidienne, dans leurs périples où si souvent leur survie fut en jeu et fut souvent difficile, âpre.
L’évolution anthropologique ?
Etre juif - c’est être comme les autres, c’est être ce que l’on est, de naissance, sans que nous ayons décidé d’être et d’être seulement ce que nous sommes. Un dressage international entend enfoncer les individus et les peuples dans la préférence incestueuse, selon la célèbre formule de Jean-Marie Le Pen (je préfère mes cousines à mes voisines ...).
Alors que nous devrions regretter de n’être QUE français, QUE juif, seulement ce que nous sommes. Faire de la partie le Tout est un moyen de préserver une forme simpliste et dangereuse du narcissisme - dont Sigmund Freud disait que les sciences européennes lui avaient infligé quelques vérités douloureuses, avec une Terre perdue dans l’immensité de l’Infini, une fraternité avec les primates...
Ce contentement-de-soi, illustré par les images du chef présumé du gang qui a kidnappé Ilan Halimi, Youssouf Fofana, conduit les civilisations et les individus droit dans le mur - de la honte - puisque nous tuons, ou méprisons, ou rejettons, pour la Gloire de notre Identité.
Nous pouvons sortir de ce piège, mais il serait surprenant que nous puissions être aidés par les "religions", les "partis politiques" qui alimentent les nationalismes. Les habitants de ce monde sont, face à leur miroir et leur conscience, seuls, seuls responsables, pour qu’un autre Ilan Halimi ne vive pas cette mise à mort, pour qu’un autre Youssouf Fofana ne croit pas réussir en usant de telles méthodes, et en fait, ne détruisent, à des degrés divers, plusieurs vies, celle d’Ilan, la sienne, et celle de ses complices
14:45 Publié dans Naître Juif ou ne pas naître | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
Lieu de culte forcé à Sarcelles: un cambriolage, selon le maire et le préfet
LA-CROIX.COM
La petite synagogue de Sarcelles (Val-d'Oise) dont la porte blindée a été forcée dans la nuit de samedi à dimanche a été cambriolée et non vandalisée, ont déclaré dimanche le préfet du Val d'Oise Christian Leyrit et le maire de la ville, François Pupponi.
Le responsable de la synagogue, Isaac Azeroual, avait évoqué dans la matinée un acte de "pure dégradation parce qu'il n'y a rien à voler dans une synagogue". "Tout a été jeté par terre et des serrures ont été défoncées", avait-il dit, précisant que seuls "30 euros" avaient été volés.
Evoquant "un vol par effraction", le préfet du Val d'Oise a expliqué dans un communiqué que "malgré un grand désordre constaté dans la salle principale, ainsi que dans la pièce attenante, aucune inscription à caractère antisémite n'a été relevée et aucun objet de culte n'a été profané".
"Il s'agit d'un cambriolage et non d'un acte de vandalisme", a déclaré de son côté M. Pupponi à l'AFP, qui s'est rendu à la synagogue Ismah Israël avec la police dimanche matin.
"Aucun objet de prière n'a été dégradé et aucune inscription à caractère antisémite n'a été relevée sur les lieux", a-t-on confirmé de source policière.
"Seul un chèque sans ordre a été volé, quelques placards ont été ouverts mais les livres de la Torah n'ont pas été touchés", a ajouté M. Pupponi, soulignant qu'"aucun signe distinctif de l'extérieur ne permet de savoir que cette ancienne école, dont l'enseigne est restée, abrite une salle de prière".
"Seul un tronc recevant les dons contenant de la menue monnaie ont été retrouvés sur les lieux vides de leur contenu", a précisé le préfet, ajoutant que le chèque sans ordre était "d'un montant de 32 euros".
"Une porte blindée, à sept points de sécurité, pliée en deux, c'est de la pure dégradation parce qu'il n'y a rien à voler dans une synagogue", avait déclaré M. Azeroual, ajoutant que la synagogue avait été cambriolée il y a un an.
14:15 Publié dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
Dieudonné condamné pour propos antisémites
NOUVELOBS.COM
Dieudonné. L'humoriste a été condamné en correctionnelle à 5.000 euros d'amende pour des propos antisémites comparant les "juifs" à des "négriers".
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi 10 mars Dieudonné à 5.000 euros d'amende pour provocation et incitation à la haine raciale. En février 2004, l'humoriste avait comparé les juifs à des négriers.
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, publié le 8 février 2004, Dieudonné M'Bala M'Bala, avait notamment déclaré à propos des gens qui l'avaient insulté lors de son spectacle du 5 février: "Ceux qui m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l'esclavage".
Ni Dieudonné ni ses avocats n'étaient présents à la lecture de la décision. L'humoriste a encore la possibilité de faire appel.
"Négriers reconvertis dans la banque"
La 17e chambre du tribunal correctionnel a estimé que "sous couvert de stigmatiser ses détracteurs, (Dieudonné) désigne à la vindicte les juifs, en les assimilant à des marchands d'esclaves qui auraient bâti des fortunes sur la traite des noirs, ayant ainsi tiré profit d'un crime contre l'humanité".
Dieudonné avait qualifié ses opposants de "négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd'hui l'action terroriste qui manifestent leur soutien à Ariel Sharon".
"Très grande victoire"
"C'est un point d'arrêt à cette démarche de provocation. Dorénavant, il devra prendre garde à l'impact que peut avoir ce genre de déclarations sur des personnes vulnérables. L'humour ne peut pas être un alibi", s'est félicité Me Jean-Claude Cohen, avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).
Une analyse qui rejoint celle du tribunal pour qui le "prévenu ne saurait sérieusement se prévaloir de l'humour pour justifier les déclarations de telle nature".
"C'est une très très grande victoire, c'est important pour la condamnation du racisme en général", a déclaré Me Patrick Klugman, avocat de SOS-Racisme.
"Cette décision est du même ordre que celle rendue contre d'autres leaders racistes", a-t-il ajouté.
Un euro pour les parties civiles
Les magistrats ont estimé que les propos tenus par l'humoriste, plusieurs jours après que son spectacle ait été perturbé, "ne sauraient trouver une justification liée à l'émotion du moment".
L'humoriste devra verser un euro de dommages et intérêts à cinq associations, dont la LICRA (Ligue internationale contre la racisme et l'antisémitisme), l'UEJF (Union des étudiants juifs de France), SOS-Racisme, Avocats sans Frontières, et le Consistoire central.
Le tribunal a également ordonné la publication du jugement, au frais de l'artiste, dans quatre quotidiens et un hebdomadaire.
Poursuivis à plusieurs reprises pour ses propos controversés, Dieudonné a toujours été relaxé, soit en première instance, soit en appel.
13:40 Publié dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs


