29.03.2006

Ouverture d'une enquête sur une chanson antisémite

http://fr.news.yahoo.com

PARIS (AP) - Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale à la suite d'une plainte après la diffusion sur Internet d'une chanson antisémite, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a déposé la semaine dernière une plainte simple après avoir été alerté de la diffusion sur le net d'un rap intitulé "J'aime pas les Juifs", a indiqué mardi à l'Associated Press Samy Ghozlan, président de cette association.

Une voix jeune à l'accent français, sur un rythme et un phrasé rap, promet à un "sale juif" un "coup de canif dans la gueule", aligne les allusions à Hitler, aux fours crématoires et parle de la revanche des Arabes sur les Israéliens. L'auteur du texte assure faire partie des "partisans d'Arafat" avant de vouloir cramer "Israël au cocktail Molotov".

Provocation d'un groupe d'extrême droite, texte d'un groupe de rap? Les enquêteurs devront déterminer qui est à l'origine de ce texte et ses interprètes. En 2005, une rumeur avait attribué la paternité d'un texte antisémite à un groupe de rap lyonnais. Ce dernier a porté plainte.

20.03.2006

Discriminations

NOUVELOBS.COM

A l'initiative du couple d'historiens Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, une "semaine de lutte contre les discriminations et pour la rencontre des différences" est organisée à Paris.

" Comment vivre ensemble avec nos différences et faire reculer les discriminations ethniques, raciales, religieuses, sexistes, anti-homosexuelles et autres"? Cette question, pour le moins d'actualité, sera au cœur d'une semaine de rencontres, débats et manifestations culturelles qui démarre dimanche 19 mars à Paris.
Intitulée "Le Pari(s) du vivre-ensemble", cette "semaine de lutte contre les discriminations et pour la rencontre des différences" part de l'initiative d'un couple, Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, tous deux historiens du judaïsme à l'Ecole pratique des Hautes études de Paris.
Il y a près de deux ans, en mai 2004, ils avaient organisé à l'université de la Sorbonne et l'Institut du monde arabe une série de rencontres intitulées "Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire".

"Bien avant que nos banlieues" brûlent

"Un public de plus de 1.500 personnes s'y précipitait dès le matin", écrivent-ils dans un communiqué. "Le dialogue avait eu lieu. Le relais allait être pris par d'autres, ce qui en fait était le but". Sous le même titre, un livre, paru aux éditions La Découverte en mars 2005, allait naître.

Mais le couple s'était aussi lancé -"et bien avant que nos banlieues connaissent l'explosion de novembre dernier", soulignent-ils- dans "la préparation d'un événement plus audacieux encore: le Pari(s) du vivre-ensemble".
Pour cette semaine, dont le thème trouve un fort écho dans l'actualité des derniers mois, Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa ont mobilisé plusieurs soutiens, la ville de Paris, le ministère de l'Emploi, l'UNESCO, la RATP, l'Institut du monde arabe ou encore le Musée d'Art et d'histoire du Judaïsme, entre autres, et des partenaires dans les médias, dont Le Point, Libération, France-Culture, Arte, Beur FM ou Radio Orient.

Formation des jeunes et des enseignants

Leur semaine, qui encadre la Journée internationale de lutte contre les discriminations, le 21 mars, proposera un "débat citoyen", avec des tables rondes et des rencontres au Sénat, à la Sorbonne, à l'UNESCO, à l'Hôtel de Ville... Elle sera aussi émaillée de manifestations culturelles, avec des concerts, un concours et des expositions photo.
L'accent sera mis également sur "la formation des jeunes et des enseignants", avec une expérience pédagogique au lycée Voltaire dans le 11e arrondissement de Paris. Sur le thème "comment former une mémoire nationale commune et partagée par tous", une table ronde et des échanges entre élèves et professeurs seront organisés autour d'extraits des films "Le Chagrin et la Pitié" et "La Bataille d'Alger".
Un concours littéraire sur l'Autre sera aussi organisé dans les lycées parisiens et un tournoi de foot mixte aura lieu le 25 mars au stade des Fillettes dans le 18e arrondissement. Dans la semaine, l'Institut du monde arabe accueillera des ateliers.

17.03.2006

L’impression d’un éternel recommencement ou Le grand désarroi des Juifs de France

NOUVELS OBS.COM

« Je ne laisse plus mon fils de 11 ans se promener seul. » D’autres camouflent leur étoile de David et ne se « sapent » plus, de peur d’être pris pour des « riches »

«L'histoire d'Ilan, c'est celle d'un gosse de 23 ans qui sourit à une fille, qui croit partir vers un avenir radieux et qui se retrouve en enfer », dit Schlomo Malka, journaliste à RCJ (Radio-Communauté juive). Un jeune feuj qui flirte avec une petite beur et qui meurt : tragique parabole qui glace ceux qui croient que tout est encore possible et qui conforte ceux qui depuis longtemps déjà vivent dans la peur. Comment réagissent les juifs de France après l'assassinat d'Ilan Halimi ? Difficile de généraliser. Chez les représentants des juifs « communautaires », c'est le désarroi qui prédomine. « Nous pensions que nous étions moins exposés, explique Marc Knobel, chercheur au Crif. Les actes antisémites ont diminué de moitié par rapport à l'année dernière,même s'ils restent six fois plus élevés qu'il y a dix ans. Nous avions retrouvé confiance. Et puis ce drame atroce. » Impression d'un éternel recommencement. Les pouvoirs publics, accusés d'inertie au début des années 2000, ne sont plus en cause, cette fois. « Le mal a atteint les profondeurs, soupire Roger Cukierman, président du Crif. On n'a pas fini de payer les conséquences de l'affaire Dieudonné. Elle a enflammé la communauté afro-antillaise, qui jusqu'à présent n'avait pas été contaminée par l'antisémitisme. » Roger Cukierman a créé récemment avec le Cran (Conseil représentatif des Associations noires de France.) une Amitié judéo-noire. L'initiative ne convainc pas ceux qui lui reprochent sa « mollesse ». L'affaire Ilan n'a rien arrangé. « Le décalage entre la base et les dirigeants du Crif a éclaté au grand jour, assure Albert Myara, président de la communauté juive du Kremlin-Bicêtre. C'est la base qui a organisé les premières manifestations. Le Crif, comme toujours, est allé dans le sens de l'apaisement. » Et cela à l'opposé d'une partie de la communauté, qui raconte sa peur grandissante. « Je ne laisse plus mon fils de 11 ans se promener seul », dit Gilles Souissa, qui habite Sarcelles. « Ma femme ne sort plus », assure le rabbin Michel Bousikla, qui demeure dans le 19e à Paris, où vit une importante communauté juive. D'autres camouflent leur étoile de David, vissent une casquette sur leur kippa, ne se « sapent » plus, de peur d'être pris pour des « riches », donc des juifs. La seule issue, disent-ils ? Le départ pour Israël, dont les dirigeants sont d'ailleurs restés discrets depuis la mort d'Ilan. En juillet 2004, Ariel Sharon avait incité les juifs de France à émigrer pour « fuir un antisémitisme déchaîné ». Faute de faire l'alya - le départ pour Israël (en augmentation de 27% en 2005 par rapport à 2004) -, un certain nombre de juifs ont quitté les banlieues réputées difficiles. C'est sensible à Sarcelles, déserté par les familles qui en ont les moyens. Parfois, elles se regroupent ailleurs, dans des quartiers jugés tranquilles. Chez beaucoup d'entre elles, la tentation du repli est visible. Comme la montée de l'exaspération contre les beurs. « Mes parents n'ont pas eu la vie facile quand ils ont débarqué d'Afrique du Nord, dit Steve, 20 ans. Ils se sont faits discrets. Ils ont travaillé. Les autres n'ont qu'à en faire autant. » Certains vont plus loin. On parle d'autodéfense, on s'inscrit dans des cours de krav maga, un art martial israélien. On promet d'organiser des rondes, voire des milices. Paroles en l'air, jusqu'à présent. Ces milices n'ont jamais vu le jour. Le politologue Jean-Yves Camus pressent pourtant un risque de « radicalisation ». En témoignent certains sites très à droite (Migdal.org ou le site de la Ligue de Défense juive, notamment), qui trouvent un écho chez les jeunes ou les moins jeunes. Dans la manifestation de dimanche, des mômes s'agglutinaient derrière des drapeaux jaunes frappés d'un poing et de l'étoile de David, scandant « Fofana salaud, les juifs auront ta peau ! », trouvant dans la Ligue de Défense juive, apparue en France au début des années 2000, un point de repère : discours viril et pratique musclée pour jeunesse abandonnée. « La nature a horreur du vide, et les dirigeants de la communauté juive ne représentent pratiquement rien chez les jeunes qui subissent l'antisémitisme quotidien, affirme S., porte-parole de la LDJ. Ils ont laissé passer trop de choses : chaque acte antisémite doit provoquer une réponse politique ou physique. Si l'on avait fait peur à temps à ceux qui entretiennent la haine, leurs émules y réfléchiraient à deux fois. » Revendiquant 200 militants impliqués ou soupçonnés de l'être dans plusieurs incidents violents, la LDJ a toujours été tenue à l'écart par la communauté juive officielle. Aujourd'hui encore, malgré l'émoi suscité par la mort d'Ilan, elle reste toujours aussi minoritaire.

13.03.2006

Lieu de culte forcé à Sarcelles: un cambriolage, selon le maire et le préfet

LA-CROIX.COM

La petite synagogue de Sarcelles (Val-d'Oise) dont la porte blindée a été forcée dans la nuit de samedi à dimanche a été cambriolée et non vandalisée, ont déclaré dimanche le préfet du Val d'Oise Christian Leyrit et le maire de la ville, François Pupponi.

Le responsable de la synagogue, Isaac Azeroual, avait évoqué dans la matinée un acte de "pure dégradation parce qu'il n'y a rien à voler dans une synagogue". "Tout a été jeté par terre et des serrures ont été défoncées", avait-il dit, précisant que seuls "30 euros" avaient été volés.

Evoquant "un vol par effraction", le préfet du Val d'Oise a expliqué dans un communiqué que "malgré un grand désordre constaté dans la salle principale, ainsi que dans la pièce attenante, aucune inscription à caractère antisémite n'a été relevée et aucun objet de culte n'a été profané".

"Il s'agit d'un cambriolage et non d'un acte de vandalisme", a déclaré de son côté M. Pupponi à l'AFP, qui s'est rendu à la synagogue Ismah Israël avec la police dimanche matin.

"Aucun objet de prière n'a été dégradé et aucune inscription à caractère antisémite n'a été relevée sur les lieux", a-t-on confirmé de source policière.

"Seul un chèque sans ordre a été volé, quelques placards ont été ouverts mais les livres de la Torah n'ont pas été touchés", a ajouté M. Pupponi, soulignant qu'"aucun signe distinctif de l'extérieur ne permet de savoir que cette ancienne école, dont l'enseigne est restée, abrite une salle de prière".

"Seul un tronc recevant les dons contenant de la menue monnaie ont été retrouvés sur les lieux vides de leur contenu", a précisé le préfet, ajoutant que le chèque sans ordre était "d'un montant de 32 euros".

"Une porte blindée, à sept points de sécurité, pliée en deux, c'est de la pure dégradation parce qu'il n'y a rien à voler dans une synagogue", avait déclaré M. Azeroual, ajoutant que la synagogue avait été cambriolée il y a un an.

Dieudonné condamné pour propos antisémites

NOUVELOBS.COM

Dieudonné. L'humoriste a été condamné en correctionnelle à 5.000 euros d'amende pour des propos antisémites comparant les "juifs" à des "négriers".

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi 10 mars Dieudonné à 5.000 euros d'amende pour provocation et incitation à la haine raciale. En février 2004, l'humoriste avait comparé les juifs à des négriers.
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, publié le 8 février 2004, Dieudonné M'Bala M'Bala, avait notamment déclaré à propos des gens qui l'avaient insulté lors de son spectacle du 5 février: "Ceux qui m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l'esclavage".
Ni Dieudonné ni ses avocats n'étaient présents à la lecture de la décision. L'humoriste a encore la possibilité de faire appel.

"Négriers reconvertis dans la banque"

La 17e chambre du tribunal correctionnel a estimé que "sous couvert de stigmatiser ses détracteurs, (Dieudonné) désigne à la vindicte les juifs, en les assimilant à des marchands d'esclaves qui auraient bâti des fortunes sur la traite des noirs, ayant ainsi tiré profit d'un crime contre l'humanité".
Dieudonné avait qualifié ses opposants de "négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd'hui l'action terroriste qui manifestent leur soutien à Ariel Sharon".

"Très grande victoire"

"C'est un point d'arrêt à cette démarche de provocation. Dorénavant, il devra prendre garde à l'impact que peut avoir ce genre de déclarations sur des personnes vulnérables. L'humour ne peut pas être un alibi", s'est félicité Me Jean-Claude Cohen, avocat de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).
Une analyse qui rejoint celle du tribunal pour qui le "prévenu ne saurait sérieusement se prévaloir de l'humour pour justifier les déclarations de telle nature".
"C'est une très très grande victoire, c'est important pour la condamnation du racisme en général", a déclaré Me Patrick Klugman, avocat de SOS-Racisme.
"Cette décision est du même ordre que celle rendue contre d'autres leaders racistes", a-t-il ajouté.

Un euro pour les parties civiles

Les magistrats ont estimé que les propos tenus par l'humoriste, plusieurs jours après que son spectacle ait été perturbé, "ne sauraient trouver une justification liée à l'émotion du moment".
L'humoriste devra verser un euro de dommages et intérêts à cinq associations, dont la LICRA (Ligue internationale contre la racisme et l'antisémitisme), l'UEJF (Union des étudiants juifs de France), SOS-Racisme, Avocats sans Frontières, et le Consistoire central.
Le tribunal a également ordonné la publication du jugement, au frais de l'artiste, dans quatre quotidiens et un hebdomadaire.
Poursuivis à plusieurs reprises pour ses propos controversés, Dieudonné a toujours été relaxé, soit en première instance, soit en appel.